« 1000 € chacun, rend les hommes libres »

   DeutschArticle original 15/08/2010
Stade traduction 5     « 1000 € chacun, rend les hommes libres »
 Fondateur de drogueries Götz Werner s’est engagé pour un revenu de base pour tous. Dans cette interview il parle de Hartz IV et des droits de l’homme,  de la paresse comme d’une maladie et du maigre héritage pour ses sept enfants.
M. Werner, êtes vous un rêveur, un visionnaire ou un révolutionnaire?
Un bon entrepreneur est les trois.
Riche vous l’êtes devenu avec vos drogueries dm, connu comme prédicateur pour un revenu de base inconditionnel.
L’idée se répand comme une épidémie. Si je voulais, je pourrais parler tous les jours, quelque part sur le sujet.
DM-Gründer Götz Werner: „1000 Euro für jeden machen die Menschen frei“
. .
Votre premier livre a fait sensation, maintenant vous persistez et demandez 1000 € de l’Etat pour tout le monde, du bébé au vieillard.
Les 1000 € par mois, sont un ordre de grandeur, pour vivre avec dignité dans la société – une sorte de forfait social, ce qui réduirait la bureaucratie sociale de façon spectaculaire.Toutes les autres prestations sociales, allocations familiales, pensions et ainsi de suite seraient supprimées en contrepartie?
Non, les 1000 € sont la base..
Première objection: Qui doit payer?
IIl s’agit d’une question insidieuse, mais erronée.
Avec tout le respect: 1000 € par habitant et par mois, avec 82 millions d’Allemands ce sont environ un billion d’euros. D’où doit venir l’argent?
Nous tous ne vivons pas d’argent, mais de marchandises. La vraie question est: la société est elle en mesure d’apporter autant de biens et services afin que 82 millions de personnes puissent vivre dans un ordre de grandeur d’au moins 1000 € ?. La réponse – pour un PIB de 2500 milliards et des dépenses de consommation de € 1800 milliards d’euro – est clairement oui.
Cela signifie que le gouvernement prend la moitié et le répartit uniformément par tête.
Le terme  répartition est inapproprié et également contaminé socialiste. Je parle, de ce que les gens aient accès aux biens et services. Celui qui n’a pas devient affamé ou criminel. De tout temps, même déjà chez les Romains, l’homme a eu besoin d’une base à sa subsistance. Ce qui a été fond propre (terre) dans le passé, est aujourd’hui un revenu de base, soit l’équivalent de l’homme libre sur un sol libre. (ndt : l’esclave romain pouvait être affranchi mais son maître devait le doter de terre pour cela)Vos contradicteurs font valoir l’apôtre Saint-Paul: « Qui ne travaille pas ne mange pas. »
Le verset de la Bible est mal interprété. Paul voulait dire: Qui ne travaille pas son lopin de terre, ne doit pas manger. Le temps de l’autosubsistance est cependant terminé. Appliqué à aujourd’hui, cela devrait signifier: Si tu ne dépenses pas ton revenu de base, tu  mourra de faim.

Le travail du sol nécessitait force musculaire et sueur, le revenu de base ne nécessite rien – vous n’avez qu’à courir au prochain « discounter » et consommer.
Exact.
Cela est injuste.
Pourquoi?
Parce que quelqu’un d’autre doit travailler pour avoir du pain et des saucisses dans le supermarché.
En réalité, nous  ne travaillons aujourd’hui jamais pour nous-mêmes, mais pour les autres – c’est la société de consommation. Votre argument suppose que toute personne qui reçoit un revenu de base ne travaille plus.

Exactement. Il s’agit de la seconde objection forte à votre idée.
Cet argument aussi est peu éprouvé, un regard sur les statistiques fiscales nous l’enseigne : des centaines de milliers de citoyens ont tant de revenus de la location, de crédit-bail, de capital, qu’ils n’auraient pas besoin de travailler- ils le font de toute façon, assidûment comme des abeilles. N’est-ce pas assez empirique? Qui a des yeux pour voir, voit, qui a des oreilles pour entendre, entend, puis-je dire. Néanmoins, je rencontre cet argument à maintes reprises.

De nombreux enseignants et  travailleurs sociaux du dispositif Hartz-IV  (ndt : dispositif allemand de prise en charge des chômeurs) nous apprennent que c’est dur d’amener les gens à se lever le matin et de seulement penser à travailler.

Ce ne serait pas différent pour vous et moi, si  on nous harcelait de faire quelque chose que nous ne voulons pas.
Grâce aux 1000 € de l’État chacun ne fait plus que ce qu’il veut?
Oui. « La liberté: ne pas devoir faire ce qu’on doit » – cette phrase de Rousseau devient la nouvelle règle. En fait, le révolutionnaire est de changer le climat social: Avec 1000 € par mois, l’homme ne dépend plus de quiconque, famille, clients ou employeur.Qui ne travaille que parce qu’il a besoin d’argent, a chaque matin cinq raisons de ne pas se lever. Je les ai également mais il me vient encore un sixième argument, pour lequel je me lève tout de même: Cela est nécessaire, ce que je fais aujourd’hui, qui fait sens pour le monde, je le ferai.

Pas tout le monde a ces nobles objectifs.
Ils ne sont pas nécessaires. Les gens peuvent avoir un comportement bizarre, si ce n’est que d’ajouter aux 1000 €  afin de se payer un jour la Ferrari. Mais imaginez ce sentiment sublime: vous vous promenez dans les rues et voyez seulement des gens qui font quelque chose parce qu’ils le veulent par choix.
Cependant, avec votre modèle, le pays devient maison d’accueil, l’Etat s’occupe de tous, nul ne doit faire quelque chose de plus.
Non, au contraire, précisément parce que le revenu de base permet des performances. Si je n’ai pas à me soucier de mon existence, je peux m’essayer à de nouvelles idées. Tous les deux nous pourrions dire : nous nous essayons comme musicien ou comme start-up Internet, le revenu de base nous donne la liberté d’essayer. Ainsi, nous formons plus d’aptitude au risque, plus d’esprit d’entreprise.
Vous appelez les forces créatrices, que libèrent un revenu de base: Pensez-vous réellement que des Allemands sorte un peuple de Hölderlin, fabricants de lyrisme?
Si le marché mondial de la poésie est si important, nous aimerions aussi vivre la grande vie. . Si le marché mondial des innovations Internet se développe, c’est alors cela le fondement.
À l’heure actuelle, il semble que le monde paie plus pour les voitures allemandes et les machines.
Le S-classe aussi doit être gérée avec beaucoup de créativité.

Mais que devient l’emploi sale et ennuyeux? Ce travail reste t’il de côté si tout le monde part à la chasse de ses rêves?
Une société a toujours trois options si elle veut qu’une prestation soit produite: soit vous faites en sorte que l’emploi soit attrayant …
Ils paient des salaires plus élevés.
Oui, ou vous pouvez automatiser. Si aucune de ces options ne marche il n’en reste qu’une seule: faire le travail soi-même. Si vous forcez les gens à travailler, ils ne feront pas la chose bien.
Vous partezd’une vision optimiste de l’humanité: tout le monde a une idée où il veut se réaliser.
Oui, absolument. L’homme a toujours tendance à vouloir aller au-delà de lui même. Ces forces d’initiative  s’éveillent avec ce revenu de base.
Que faisons-nous avec des gens qui ne veulent qu’étendre les pieds devant la télévision?
Ces gens ont besoin du travail social.. Qui sait quoi faire de lui est malade.

Et à guérir par des travailleurs sociaux?
À tout le moins être soignés. Les malades psyschiques sont les personnes nécessitants des soins comme le sont ceux qui sont paraplégique après un accident.. Ils tombent également dans le champ de la prise en charge par la communauté.
Il y a une différence, si quelqu’un est malade et incapable de travailler ou simplement paresseux.
La paresse est une maladie. Si ce n’est le cas, personne ne peut tout simplement dire: « Il doit mourir de faim parce qu’il est paresseux. »

Cela n’arrivera pas dans l’État-providence allemand. Même si vous avez critiqué Hartz IV comme «une prison à ciel ouvert ».
Je maintiens. Il est évident: que les bénéficiaires de Hartz IV perdent une partie des droits de l’homme.
Vous exagérez.
Non, Hartz IV est contraire à plusieurs articles de la Loi fondamentale: le travail forcé est interdit, garantit le libre choix de l’emploi, ainsi que la liberté d’établissement et de logement, Hartz IV limite ces droits, tout comme les mesures de prison ouverte. . En outre, il est toujours passé sous silence que les bénéficiaires de Hartz IV obtiennent moins des paiements de transfert  que les membres des classes moyennes et supérieures: Si vous allez deux fois par mois avec votre femme à l’opéra fortement subventionnés, vous recevrez de la Communauté plus de transferts que la plupart des bénéficiaires Hartz IV. Après que la Cour constitutionnelle ai reconnu que les ensembles de règles doivent permettre une vie digne, il n’y a qu’un petit pas vers un revenu de base.

Où voyez-vous des partisans en politique de votre idée?
Pour moi, ce n’est pas une question. Les hommes politiques sont guidés par le vent qui souffle de la société – renforcer cette dynamique, j’y travaille. Si nous changeons la façon de penser, alors la politique réagira. La citation de Victor Hugo est valable : « Rien n’est si fort qu’une idée quand son temps est venu. »
En ce moment où les super riches ont la côte, qui font don de leur actifs et améliorent le monde avec.
Je ne comprends pas vraiment la foire autour de cela, c’est le vieux style de vie américain. Devenir riche en Amérique n’est pas une honte  mais  mourir riche si.. Ici, en Allemagne, c’est est tout le contraire: Les riches doivent se justifiés leur vie durant pour leurs biens. Mais s’ils ne laissent rien aux descendants, c’est une honte

.Quelle est votre opinion sur la question: plutôt allemand ou américain?
Américain.

Vos sept enfants ont à souffrir parce qu’il n’héritent de rien?
Mes enfants ne souffrent pas de cela, en effet, encouragés à s’affirmer par eux-mêmes. J’ai introduit mes actifs d’entreprise dans un organisme d’intérêt commun. Les enfants ont droit à un bon départ dans la vie, mais pas que les parents fournissent le bien-être tout au long de leur vie à leur progéniture. Parce que je pense que c’est tout à fait à l’esprit pionnier américain, avec un revenu de base inconditionnel chaque génération peut montrer ce dont elle est capable.

Götz Werner, né en 1944, a ouvert en 1973 la première droguerie dm à Karlsruhe. . Le résultat est un groupe avec 34.000 collaborateurs, 2.200 agences et € 5,2 milliards de ventes.
Le fondateur a transmis la direction et siège dans le conseil de surveillance. Il se bat aussi pour un revenu de base inconditionnel. Ces jours-ci paraît son nouveau livre (écrit avec Adrienne Goehler): « 1000 € pour tout le monde. Liberté, égalité, revenu de base », Econ.

Entretien réalisé par Georg Meck.

Text: FAS Texte: SAF
Photos: Frank Roth

 

 

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